C’est quoi exactement un spread (et pourquoi ça compte vraiment)
Le spread, c’est l’écart entre le prix auquel tu peux acheter un actif et le prix auquel tu peux le revendre immédiatement.
Exemple concret : une action vaut 100 €. Tu l’achètes à 100,30 €. Si tu la revends dans la seconde, tu récupères 99,70 €. Tu perds 0,60 €, soit 0,6 % de ta mise. C’est le spread en action.
La définition officielle de Trade Republic le dit clairement dans son support en ligne : “Le spread décrit la différence entre les cours acheteur (Bid) et vendeur (Ask).”
Ce qui rend le spread particulièrement vicieux, c’est son invisibilité. Contrairement aux frais de courtage affichés noir sur blanc sur ta facture, le spread ne figure nulle part. Il est absorbé silencieusement dans le prix d’exécution de ton ordre.
Sur le long terme ? Un spread de 0,3 % sur chaque aller-retour peut grignoter plusieurs centaines d’euros sans que tu t’en rendes compte.
💡 Astuce pro : Pour voir le spread en temps réel sur Trade Republic, regarde la différence entre le prix affiché et le prix d’exécution de ton dernier ordre. C’est la façon la plus simple de le mesurer concrètement.
Qui fixe le spread sur Trade Republic ?
C’est là que beaucoup se trompent. Trade Republic ne fixe pas son propre spread.
La plateforme passe par LSEG (London Stock Exchange Group) comme partenaire d’exécution des ordres. C’est lui qui affiche les prix bid/ask, et c’est donc lui qui détermine le spread appliqué.
Trade Republic le précise d’ailleurs explicitement dans sa documentation : “La plateforme de trading est responsable de la tarification et donc du montant du spread. Trade Republic n’a aucune influence en la matière.”
Concrètement, ça veut dire quoi ?
Trade Republic ne majore pas le spread pour se faire de la marge
L’écart que tu paies reflète les conditions réelles du marché
Il varie selon la liquidité de l’actif et le moment de la journée
C’est fondamentalement différent de certains courtiers qui, eux, ajoutent effectivement une commission déguisée dans le spread (ce qu’on appelle le “spread markup”).
Les spreads Trade Republic sont-ils vraiment élevés ? Les chiffres réels
Passons aux choses sérieuses. Voici ce qu’on observe en pratique sur les actifs les plus populaires :
Actif
Spread typique Trade Republic
Spread typique concurrents
ETF MSCI World
0,05 % - 0,15 %
0,05 % - 0,20 %
Action CAC 40 (ex: LVMH)
0,10 % - 0,25 %
0,08 % - 0,20 %
Bitcoin
0,50 % - 1,20 %
0,10 % - 1,50 %
ETF de niche (small caps)
0,30 % - 1,50 %
0,25 % - 2,00 %
Action américaine (Apple)
0,10 % - 0,20 %
0,08 % - 0,18 %
Conclusion ? Sur les actifs liquides, Trade Republic est dans la moyenne du marché. Sur les cryptos et les ETF de niche, les spreads sont plus larges — mais c’est vrai sur n’importe quelle plateforme.
⚠️ Attention : Ces chiffres varient selon l’heure et les conditions de marché. Un spread mesuré à 14h en pleine session boursière sera toujours plus serré qu’un spread capturé à 8h ou pendant une publication de la Fed.
Pourquoi comparer les spreads en Europe est un cauchemar
Tu veux comparer objectivement le spread de Trade Republic avec celui de Degiro, Fortuneo ou Boursorama ? Bonne chance.
Aux États-Unis, il existe un outil standardisé : le NBBO (National Best Bid and Offer). Il agrège les meilleures offres de toutes les places de marché et permet une comparaison instantanée et transparente.
En Europe ? Rien d’équivalent. Chaque broker peut utiliser des sources de prix différentes, des places d’exécution différentes, et il n’existe aucun référentiel commun.
C’est d’ailleurs pour ça que les débats sur les forums — comme cette discussion sur la communauté Finary — finissent souvent en impasse. Les gens comparent des pommes et des oranges.
Ce qu’on peut faire, en revanche, c’est comparer les coûts totaux de transaction, c’est-à-dire spread + frais de courtage. Et là, Trade Republic s’en sort plutôt bien.
Le vrai modèle économique de Trade Republic (spoiler : pas les spreads)
Si Trade Republic ne se fait pas de marge sur les spreads, comment gagne-t-il de l’argent ?
Le modèle est clair et assumé :
Les intérêts sur les liquidités : Trade Republic place les liquidités non investies de ses clients sur des comptes rémunérés. La différence entre ce qu’il rémunère aux clients (actuellement 2,5 % en 2026) et ce qu’il perçoit, c’est sa marge.
L’abonnement Trade Republic : depuis 2024, la plateforme propose des fonctionnalités premium payantes.
Les cartes de débit : les interchange fees générés par les paiements avec la carte Trade Republic.
Ce modèle est transparent et documenté. Il n’est pas basé sur une extraction cachée via les spreads.
Matthias Baccino, représentant de Trade Republic, l’a dit clairement lors d’une interview publiée sur S’investir : “Si Trade Republic avait des spreads anormaux ou des frais cachés, est-ce que je prendrais le risque de m’exposer autant publiquement ?”
Argument de crédibilité valable — une fintech qui vise 8 millions de clients en Europe n’a pas intérêt à bâtir sa réputation sur des frais dissimulés.
💡 Astuce pro : Si tu veux maximiser tes gains sur Trade Republic, ne laisse pas tes liquidités dormir. L’intérêt de 2,5 % s’applique automatiquement sur le cash non investi — c’est toujours ça de pris pendant que tu attends le bon moment d’investir.
Quand le spread Trade Republic devient vraiment problématique
Soyons honnêtes : il y a des situations où le spread sur Trade Republic mérite vraiment d’y prêter attention.
Les cas où le spread pèse lourd :
Trading actif ou scalping : si tu passes des dizaines d’ordres par semaine, 0,2 % de spread sur chaque transaction s’accumule rapidement. Trade Republic n’est clairement pas taillé pour le trading court terme.
Cryptomonnaies : sur Bitcoin ou Ethereum, le spread peut atteindre 1 % en période de forte volatilité. Des plateformes spécialisées comme Binance ou Coinbase proposent des spreads bien plus serrés pour les gros volumes.
Petites capitalisations et ETF exotiques : moins l’actif est liquide, plus le spread s’élargit. Parfois jusqu’à 1,5-2 %. Si tu investis dans des niches, garde ça en tête.
À l’ouverture et la clôture des marchés : les spreads s’élargissent mécaniquement dans les 30 premières et dernières minutes de cotation. Attends 9h45 pour passer tes ordres sur les actions européennes.
Les cas où le spread ne change rien :
Pour un investisseur long terme qui achète un ETF MSCI World une fois par mois, un spread de 0,1 % est totalement négligeable. Sur 20 ans, c’est le rendement annuel qui compte, pas le coût d’entrée de quelques centimes.
Trade Republic vs concurrents : le coût total de transaction
La vraie comparaison, c’est spread + frais de courtage. Voici la réalité en 2026 :
Courtier
Frais de courtage
Spread ETF World
Coût total indicatif (1 000 €)
Trade Republic
0 €
~0,10 %
~1 €
Degiro
0,50 € + 2 €
~0,08 %
~3,30 €
Fortuneo
0 € (0-500/mois)
~0,12 %
~1,20 €
Boursorama
1,99 € mini
~0,10 %
~2,99 €
Binance (crypto)
0,10 %
~0,15 %
~2,50 €
Pour l’investisseur moyen qui fait du DCA mensuel sur des ETF, Trade Republic est l’un des moins chers du marché, spread inclus.
Tu peux d’ailleurs comparer avec Fortuneo si tu cherches une alternative avec PEA, ou Hello bank! pour une solution banque + bourse intégrée.
Tu ne peux pas supprimer le spread. Mais tu peux l’optimiser.
Les 5 règles d’or :
Investis sur des actifs liquides — ETF world, grandes capitalisations, pas de penny stocks ni d’ETF à 50M€ d’encours
Évite les heures creuses — passe tes ordres entre 10h et 16h sur les marchés européens
Pratique le DCA — en achetant régulièrement, tu moyennes ton coût d’entrée et le spread devient anecdotique
Tiens compte du spread pour les cryptos — sur Trade Republic, les cryptos sont chères en spread ; pour de grosses sommes, préfère une plateforme dédiée
Ne trade pas court terme sur Trade Republic — la plateforme est conçue pour l’investissement long terme, pas le trading intraday
✅ Notre verdict : Le spread Trade Republic est conforme aux standards du marché sur les actifs liquides. Pour un investisseur long terme en ETF ou en actions, c’est négligeable face à l’économie réalisée sur les frais de courtage. La critique des “frais cachés” est exagérée — mais reste pertinente si tu investis sur des actifs illiquides ou si tu trades fréquemment.
Notre avis final sur le spread Trade Republic
Verdict honnête après analyse approfondie : le spread Trade Republic n’est pas un scandale, mais il mérite d’être connu.
La plateforme ne ment pas sur ses frais. Elle ne majore pas le spread pour se rémunérer. Et sur les actifs les plus courants — ETF world, S&P 500, grandes actions — elle reste parmi les moins chères du marché une fois qu’on additionne spread et frais de courtage.
Les critiques légitimes ? Elles concernent surtout les cryptos (spreads élevés), les actifs peu liquides, et le manque de transparence pédagogique sur ce sujet. Un vrai effort d’éducation financière sur l’interface serait bienvenu.
Mais pour l’investisseur qui fait du DCA mensuel sur un ETF MSCI World ? Le spread est ton dernier problème. À 0,1-0,2 % sur un horizon de 15 ans, c’est une poussière face au rendement annuel moyen de 7-10 % des marchés actions.
Passionné de finance personnelle depuis plus de 8 ans, Thomas teste et compare les banques en ligne et services financiers pour vous aider à faire les meilleurs choix. Il a personnellement utilisé plus de 15 offres de parrainage.